Paru en 1968, le premier roman deYambo Ouologuem, Le Devoir de violence , remporta le premier prix Renaudot attribué à un Africain. Livre-culte, il fut contesté au Sud pour ses hardiesses politiques et au Nord pour ses audaces d’écriture ; les polémiques furent telles que l’auteur se retira dans le silence après avoir signé une Lettre à la France nègre et Les Mille et Une Bibles du sexe en 1969. Cinquante ans plus tard, et quelques mois après la disparition du romancier, les éditions du Seuil rééditent enfin cette foisonnante et tragique fresque s’étendant du XIIIe au XXe siècle : Le Devoir de violence raconte le destin de l’empire imaginaire de Nakem et de la dynastie des Saïf qui y règnent en maîtres retors. À travers elle, c’est l’histoire méconnue de l’Afrique qui nous est livrée de l’intérieur. Violences, assassinats, ruses, compromission des notables dans la traite des esclaves: pour la première fois, un auteur africain ne s’interdit rien dans le portrait séculaire de son continent . Un colloque se tiendra sur l’ensemble de l’œuvre de Yambo Ouologuem à l’Université de Lausanne du 18 au 19 mai prochain : 1968-2018. L’œuvre de Yambo Ouologuem, un carrefour d’écriture ? , en association avec le festival Encres noires et en collaboration avec l’Université de Strasbourg.

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