Si Marie de France ou Adam de la Halle montaient à bord d’une machine à voyager dans le temps et se trouvaient propulsés dans les rayons d’une librairie d’aujourd’hui, quelles seraient leurs réactions? Comment envisageraient-ils la production littéraire moderne et contemporaine? C’est à ce jeu qu’a souhaité se livrer le dernier numéro de Fabula-LhT en considérant la littérature médiévale comme une invitation à expérimenter de nouveaux outils poétiques et à poser de nouveaux problèmes théoriques. Le MoyenÂge pour laboratoire , dossier coordonné par Florent Coste et Amandine Mussou, propose de chausser des lunettes médiévales pour lire à nouveaux frais des corpus ultérieurs. On pourra y découvrir des textes inédits, comme une recension par Jean Froissart de L’Écume des jours ou un traité de publicité médiéval. Qu’il s’agisse de suivre une démarche régressive pour envisager les réflexions médiévales sur le genre oud’acclimater le théâtre allégorique desXIV e et XV e siècles à l’archéologie des media, les contributions viennent volontiers malmener notre conception linéaire de l’histoire littéraire et proposer des usages vertueux de l’anachronisme. Comme de coutume, un dossier de notre revue de parutions Acta fabula fait écho à ce numéro, pour faire la part belle aux ponts que l’on peut tendre entre le Moyen Âge et le contemporain.