Le Désir et l’édition

Une maison d’édition est le lieu vivant et vivifiant de relations qui ne sont pas anodines, un lieu d’investissement profond des acteurs qui l’animent : l’éditeur, les auteurs, les lecteurs, les passionnés qui peuvent être eux-mêmes des auteurs, des personnes en recherche personnelle, des professionnels qui s’interrogent… Tous sont animés de désir ! Le désir est un trouble de l’être, un affect, un élan, une intensité, qui peut faire face à l’insignifiance d’un monde perdant ses repères. Il signifie et alimente une quête de sens, du sens pour penser, pour agir, pour vivre. Oui, les mots, et l’amour des mots, y peuvent quelque chose ; et la parole humaine va circuler pour créer : d’autant que la relation est partout présente et facilitée, aujourd’hui, avec les technologies de l’information, pour peu qu’on sache les maîtriser, les orienter.

Les Éditions du Désir ont été créées en 2009 par Jean-Marc Blancherie, passionné d’humanisme philosophique littéraire et sociologique, de récits et de « storytelling », de création d’innovation et de web. Aujourd’hui, éditer, se faire éditer, et diffuser, c’est réaffirmer son amour du livre et des mots, mais aussi le réinvestir de manière plus large, immatérielle ! Les frontières et les formes s’effacent, la navigation est libre ! La parole et le récit se recomposent dans les formes que notre désir invente, et se diffusent au gré du sens qui fait, ou non, florès, sur des supports divers. Les mots séparent trop, classifient, et empêchent de le dire : romans, nouvelles, essais, livres, e-books, livres augmentés, livres audio, magazines, livres-magazines, en ligne, par abonnement, en kiosque… et les contenus qui voyagent et se recomposent, le transmédia ? Le projet des Éditions du Désir est de dépasser ainsi les frontières.

Le récit, l’histoire, la tension narrative, quelque soit le domaine, en est une clé, un pont, un vecteur. Les concours et les recueils de nouvelles y jouent donc un rôle essentiel. Il s’agit d’un exercice narratif de première importance et de rencontre émotionnelle, la création inattendue d’un monde. Nouvelles libres, avec l’édition du recueil issu du concours Écriture d’Azur, nouvelles avec contraintes : les morts célèbres du Père Lachaise parlent entre eux et avec les vivants. Et d’autres concours en perspective, et des ateliers en ligne.

La spiritualité, le désir d’être, est aussi une ligne d’édition vitale, recherche de sens et de cohérence intime, et d’abord de connaissance, dans un domaine où l’on trouve beaucoup de confusion et de paillettes : se démarquer avec des textes anciens, des auteurs contemporains d’essais informés créatifs et authentiques, un roman initiatique en cours de parution… Un autre axe encore : la magie des lieux, le territoire comme récit ; et des magazines en cours de réalisation, dans les domaines de la spiritualité, du web et du « Big data », du e-tourisme…

Les technologies d’aujourd’hui, et les « réseaux sociaux », qui peuvent être aussi de personnes et de sens, permettent une diffusion qui échappe à la dictature des « rentrées », des marronniers, du marketing des groupes d’édition, des livres qui restent 15 jours sur les rayons, des stars du système qui éclipsent tous les autres. Nous, vous et nous, on se donne le temps, on fuit l’apparence et la mode. Viser la rencontre des « cherchants », des « écrivants »… C’est peut-être une niche, sans doute une vocation.