Collections Archives - Les Éditions du désir

La parole aux animaux

Régulièrement placée au cœur de l’actualité, la « question animale » dessine un tournant culturel majeur, et peut-être civilisationnel. S’il s’exprime prioritairement par une interrogation anthropologique sur les frontières traditionnellement posées entre humains et non-humains, entre nature et culture, cet ébranlement mobilise les sciences exactes, sociales et humaines depuis la biologie et l’éthologie jusqu’à la philosophie et la littérature. Un récent colloque tenu à l’Université Paris 8 est venu montrer que la sémiotique est aussi investie dans le bouillonnement intellectuel provoqué par ce regain d’intérêt pour les animaux : il s’agissait d’interroger l’existence, sinon d’une énonciation, du moins d’une expression et d’une sémiose animales qu’il nous faut apprendre à recevoir et à comprendre, à respecter et à analyser. Fabula en accueille aujourd’hui les actes parmi ses Colloques en ligne, sous le titre « La parole aux animaux » .

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Entrée des artistes

Fixées pour la première fois par écrit en 1962 par Tristan Rémy, lesquelque cent cinquante Entrées clownesques heureusement rééditées par L’Arche avec le sous-titre Une dramaturgie du clown constituent le fonds historique de ce répertoire collectif que tous les comiques (bouffons, grotesques, clowns, mimes, pitres, burlesques …) enrichissent depuis des décennies. La réédition de cet ouvrage de référence coïncide avec la publication par François Cervantes de ses Pièces de clowns (1987-2013) (Les Solitaires intempestifs) : cinq spectacles qui ont jalonné trente années d’exploration du monde des clowns et qui témoignent aussi de la collaboration entre un auteur contemporain et des clowns exceptionnels – Arletti, Zig, le Boudu et Octo. Applaudissons aussi la « parabole burlesque » publiée par Fabrice Hadjadj Être clown en 99 leçons (La Bibliothèque éd.), qui achève de nous persuader que « les livres de développement personnel passent à côté de quelque chose d’essentiel : la part risible et pitoyable de chacun de nous » : « Tu le devines sans l’admettre: tu es un clown ». 99 bonnes leçons pour ne plus se masquer cette vérité.

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Anton, Maurice & Aimé

La collection « Théâtre » de l’éditeur Ides et Calendes a accueilliplusieurs nouveaux titres : Le Théâtre d’Aimé Césaire par G. Cogez, Le Théâtre de Maurice Maeterlinck par M. Borieet Le Théâtre d’Anton Tchékov par G. Banu. Une occasion de redécouvrir un catalogue qui compte plusieurs monographies sur des grandes figures de la dramaturgie , d’Eschyle à Césaire, en passant par Beckett, Büchner, Hugo et Pasolini — mais aussi la longue et riche histoire de cet éditeur lausannois.

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Humour noir

Érik Leborgne fait paraître L’Humour noir des Lumières (Classiques Garnier) qui s’attache aux mécanismes littéraires, stylistiques et psychiques de l’humour macabre dans la littérature du XVIII e siècle, depuis Challe et Marivaux jusqu’au Manuscrit trouvé à Saragosse de Potocki. Rappelons à cette occasion l’entrée « Humour » de l’Atelier de théorie littéraire de Fabula, qui fait logiquement une place à l’ « Humour noir » , au sein d’un large panorama proposé naguère par B. Gendrel et P. Moran à l’issue d’un séminaire tenu à l’École normale supérieure.

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Venir à la radio

P.-M. Héron & D. Martens font paraître sur la plateforme Komodo un dossier sur L’entretien d’écrivain à la radio (1960-1985). Formes et enjeux . Mode déterminant de la médiation de la littérature dans l’espace public, ce genre, produit de la civilisation du journalavant d’être, aussi, celui de la radio et de la télévision, accompagne l’histoire des lettres dans les mutations à la fois médiatiques et commerciales qui l’affectent. Paraît dans le même temps aux P.U.R. un volume supervisé par P.-M. Héron, M. Joqueviel-Bourjea et C. Pardo : Poésie sur les ondes. La voix des poètes-producteurs à la radio. On trouvera dans Acta fabula le compte rendu par H. Hartje d’un précédent volume sur Les Écrivains et la radio : Lu à la radio . Rappelons aussi une mémorable livraison de Critique (n°773) :  » Comme à la radio. Adorno, Schaeffer, Veinstein, Szendy « .

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De rêve et de fumée

Chef-d’œuvre «de rêve et de fumée», Don Quichotte est un livre fait de mystères. Qui est le narrateur sage et menteur qui a créé la trame, les personnages, les couleurs, les ombres, la philosophie, la psychologie et toutes les variations de cette histoire qui n’a cessé depuis quatre siècles de captiver d’innombrables lecteurs ? Dans Don Quichotte (Gallimard/L’Arpenteur), Pietro Citati nous guide d’une main sûre dans les dédales du roman, et nous rappelle « la radicale ambiguïté de ce «livre des livres», où tout est en même temps absolument faux et absolument vrai; où le vrai, sans cesser d’être vrai, est absolument faux, et où le faux, sans cesser d’être faux, est absolument vrai. » Rappelons aussi l’essai Alfred Schütz réédité par les éditions Allia : Don Quichotte et le problème de la réalité , et dans Acta Fabula , le compte rendu donné par Nicolas Cremona du volume Foliothèque consacré au roman , par Claude Allaigre, Nadine Ly, (Gallimard, 2005) : « Nouvelles (re)lectures du Quichotte  » .

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Publicité pour la littérature

Du 26 avril 2018 au 28 avril 2018 se tiendra à l’Imec-Abbaye d’Ardenne et à l’Université de Caen un colloque voué à la Publicité pour la littérature, Marketing et stratégies éditoriales aux XX e et XXI e siècles , dans le cadre du Programme ANR LITTéPUB. La manifestation se propose de mettre en lumière l’influence des techniques de plus en plus offensives du marketing sur le monde des lettres au XX e siècle. Si Sainte-Beuve déplorait déjà en 1839 l’entrée dans l’ère de «la littérature industrielle», et si la publicité éditoriale — à travers l’ annonce et la réclame — était déjà devenue pratique courante au XIX e siècle, comment les stratégies publicitaires mises au service de la promotion, de la médiatisation et de la diffusion de la littérature se sont-elles diversifiées et généralisées au cours du siècle suivant, caractérisé par le règne de la publicité et la société du spectacle?

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Papiers Althusser

Louis Althusser aurait eu cent ans. L’IMEC prend prétexte de cette commémoration pour inviter de grands lecteurs de son œuvre à commenter quelques pièces emblématiques de ses archives, pour nous inviter à relire une œuvre essentielle pour penser le contemporain. Derrida soulignait la « force rayonnante et provocante de sa pensée ». C’est cette vitalité qu’ Étienne Balibar, Jean-Claude Milner, Alain Badiou, Judith Revel, François Regnault, Jean-Luc Nancy et Toni Negri, parmi de nombreux autres, évoqueront, tout au long de l’année, documents à l’appui .

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Temps zéro , clap de fin

Après plus de dix ans d’existence, la revue Temps zéro vouée aux écritures contemporaines ferme le compteur, avec une douzième et donc dernière livraison consacrée aux  » Poétiques et imaginaires du care  » dirigé par M. Snauwaert et D. Hétu. Le sommaire vise à faire un premier état des lieux littéraire de la notion émergente de care , née de la psychologie du développement, féministe par sa revendication de la moralité de la voix des femmes, militante par sa mise en lumière des tâches jugées subalternes, mobilisée en théorie comme sur le terrain par les sciences politiques et sociales. L’introduction propose une vaste revue interdisciplinaire de la notion, qui fait valoir la transversalité du care . Suivent quatre analyses de poésie, de récits et de romans québécois et français. Puis la voix est donnée à l’écrivain Mathieu Simonet, qui revient dans un texte très personnel sur sa démarche de création, notamment en milieu hospitalier. L’ensemble des sommaires de Temps zéro , dont certains ont fait date, reste évidemment disponible, en libre accès.

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Présence des fantômes

Inaugurée par D. Sangsue avec Fantômes, esprits et autres morts-vivants (Corti, 2011), la pneumatologie littéraire est cette discipline qui s’attache aux fantômes dans la littérature. D. Sangsue livre le résultat de ses dernières enquêtes dans Vampires, fantômes et apparitions. Nouveaux essais de pneumatologie littéraire (Hermann) : vampires des nouvelles et mélodrames de Polidori, Byron, Nodier et Dumas, spectres des romans de Balzac, Flaubert et Jules Verne, fantômes de la poésie de Baudelaire et Verlaine… La parution est accompagnée par Journal d’un amateur de fantômes (La Baconnière), tenu pendant sept ans, et qui consigne des histoires de revenants, vécues ou rapportées, et des réflexions à propos de livres, d’articles, d’expositions, de films et d’émissions qui traitent ce sujet, en dessinant aussi « le portrait d’un intellectuel du XXIe siècle qui voit son univers familier disparaître et qui, sensible aux apparitions et aux signes du passé, est à la recherche de ce «secret» qui «nous pousse sans cesse à ouvrir des livres» (P. Quignard). » Signalons encore le volume collectif Voir des fantômes (Kimé), qui réunit une trentaine de contributions sur la vision fantomatique dans les cultures occidentales, de la scène grecque aux écrans contemporains.

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Un long XIXe siècle

Le XIXe siècle a la vie longue. La livraison d’avril de notre revue des parutions Acta fabula en donne une nouvelle illustration : L. Pinguet y rend compte de l’essai d’Antoine Compagnon, Les Chiffonniers de Paris (Gallimard), sous l’intitulé Le démon de la théorie et le diable chiffonnier . M. de La Chevasnerie se rend sur le pré pour Le Duel introuvable de Uri Eisenzweig, (Presses Universitaires de Vincennes), dont elle propose une lecture sous le titre  » Mais le duel n’est qu’une cérémonie « . Dans De censura librorum : quand l’Église condamnait les classiques du xix e s. , A. Verret lit pour nous La littérature française au xix e siècle mise à l’Index. Les procédures de J.-B. Amadieu (Cerf). M. Meunier met en regard Littérature & écologie. Lire le XIX e siècle pour repenser le monde contemporain , dans une note en marge de l’essai de B. Guest, Révolutions dans le cosmos. Essais de libération géographique: Humboldt, Thoreau, Reclus (Classiques Garnier). Laure Lévêque s’attache à Deux hommes de goût : Stendhal et Winckelmann , de C. Mariette et C. Massol. Ce long XIXe siècle embrasse une partie du XXe, comme en témoigne une récente livraison de Genesis : «Après le texte. De la réécriture après publication» , sous la direction de Rudolf Mahrer (P.U. Paris-Sorbonne), dont rend compte N. Naccach dans Du(d’)après comme point de départ , ou encore l’essai de M. Murat , Le RomanesquedesLettres (Corti), dont V. Laisney propose la recension : Explorerleromanesque. Illustr. : Un chiffonnier parisien, avenue des Gobelins, en 1899. Photo Eugène Atget.

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Chœur à chœur

Claude Calame fait paraître coup sur coup deux essais d’anthropologie culturelle : Thésée et l’imaginaire athénien (La Découverte), sous-titré Légende et culte en Grèce antique , et La tragédie chorale. Poésie grecque et rituel musical (Les Belles Lettres), qui invite à lire les tragédies grecques comme des poèmes en acte, que leur double polyphonie chorale institue en performance rituelle susceptible de dynamiser une mémoire culturelle attachée aux grandes figures héroïques de la tradition panhellénique: Œdipe, Jocaste, Hippolyte, Phèdre… Joël Figari en propose un compte rendu dans Acta fabula : Le chœur au cœur des tragédies grecques . On peut également découvrir dans l’Atelier de théorie littéraire, un essai inédit de J. Terribilini sur la trilogie d’Eugene O’Neill Mourning Becomes Electra (1931) : Le chœur sied à Électre. Rappelons à cette occasion dans l’un de nos Colloques en ligne consacré à Jodelle, l’article de J. Vignes : Le dispositif choral de la tragédie: entre dramatique, lyrique et gnomique , ainsi que le volume collectif supervisé par F. Fix & F. Toudoire-Surlapierre, Le Choeur dans le théâtre contemporain (1970-2000) (E.U. Dijon).

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Le devoir de violence

Paru en 1968, le premier roman deYambo Ouologuem, Le Devoir de violence , remporta le premier prix Renaudot attribué à un Africain. Livre-culte, il fut contesté au Sud pour ses hardiesses politiques et au Nord pour ses audaces d’écriture ; les polémiques furent telles que l’auteur se retira dans le silence après avoir signé une Lettre à la France nègre et Les Mille et Une Bibles du sexe en 1969. Cinquante ans plus tard, et quelques mois après la disparition du romancier, les éditions du Seuil rééditent enfin cette foisonnante et tragique fresque s’étendant du XIIIe au XXe siècle : Le Devoir de violence raconte le destin de l’empire imaginaire de Nakem et de la dynastie des Saïf qui y règnent en maîtres retors. À travers elle, c’est l’histoire méconnue de l’Afrique qui nous est livrée de l’intérieur. Violences, assassinats, ruses, compromission des notables dans la traite des esclaves: pour la première fois, un auteur africain ne s’interdit rien dans le portrait séculaire de son continent . Un colloque se tiendra sur l’ensemble de l’œuvre de Yambo Ouologuem à l’Université de Lausanne du 18 au 19 mai prochain : 1968-2018. L’œuvre de Yambo Ouologuem, un carrefour d’écriture ? , en association avec le festival Encres noires et en collaboration avec l’Université de Strasbourg.

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La maison du rire

Fabula est (aussi) la maison du rire : nos colloques en ligne accueillent les actes des journées doctorales interdisciplinaires de Lausanne Le rire : formes et fonctions du comique , qui viennent illustrer l’éventail des problèmes d’ordre philosophique, religieux, psychologique et physiologique, politique, social et éthique, auxquels le rire confronte les théoriciens. Le sommaire s’ouvre sur une réflexion sur le rire comme phénomène anthropologique signée par Alain Vaillant dont on peut lire dans l’Atelier de théorie littéraire : La civilisation du rire , extrait de son essai éponyme (CNRS éditions, 2016). Les prochaines journées lausannoises auront lieu les 4& 5 juin prochain, en partenariat avec Paris 8 et Fabula, sur le thème « Quelle théorie pour quelle thèse ? « .

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Tirés à part

La collection « Tirés à part » des éditions de la Sorbonne détourne utilement l’usage et la fonction du tiré à part, destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, pour inviter à la (re)découverte d’un article qui a fait date pour l’une ou l’autre ou plusieurs des sciences humaines. Chacun de ces petits livrets, proposés à un prix dérisoire, est introduit par un essayiste qui fait partager sa propre expérience de lecture. Liona Israël préface ainsi  » La force du droit. Éléments pour une sociologie du champ juridique  » de Pierre Bourdieu ( Actes de la Recherche en Sciences Sociales , 1986) ; Clive Thompson «Autobiographie et homosexualité en France au XIX e siècle» de Philippe Lejeune (initialement paru dans Romantisme , 1987) ; M. Porret, « La responsabilité morale de l’historien » de Bronislaw Baczko (1967).

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Les aveux de la chair

Le quatrième et dernier volume de L’Histoire de la sexualité, dont la publication par les soins de F. Gros sous le beau titre Les aveux de la chair constitue une surprise, est en réalité le premier auquel Michel Foucault s’était consacré après La volonté de savoir (1976) qui constituait l’introduction générale de l’entreprise. Il s’attachait aux règles et doctrines du christianisme élaborées par les Pères de l’Église, qu’il envisageait comme un héritage remanié des disciplines de soi élaborées par les philosophes grecs et latins de l’Antiquité classique et tardive. C’est à leur analyse qu’il s’est ensuite courageusement appliqué, pour aboutir en 1984, comme on sait, à la publication simultanée de L’Usage des plaisirs et du Souci de soi . Resté à l’état d’un premier jet, cet ouvrage constitue néanmoins un état très élaboré de la pensée de l’auteur, et peut-être le cœur même de l’entreprise — une partie à laquelle le philosophe a attaché assez d’importance pour se lancer à partir d’elle dans l’aventure. Fabula vous invite à feuilleter le livre…

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La classe de composition

« La composition d’une œuvre désigne à la fois son élaboration, ses parties et leur agencement, autant dire son tout, mais vu sous un angle particulier : comme un assemblage. Or, elle règle aussi et surtout les allures : le lecteur est emporté, pris dans le défilé des lieux et des scènes ; il subit la scansion des affects, les changements de régime, les variations de vitesse et de lumière ; il éprouve dans le temps la forme du texte. Comment traiter de la composition sans rien perdre de ce mouvement ? » Telle est la question cardinale pour l’analyse des textes posée par Michel Charles dans un nouvel essai, sobrement intitulé Composition (Seuil, coll. « Poétique »). L’équipe Fabula vous invite à lire un extrait du « Post-scriptum » de l’ouvrage en exclusivité dans l’Atelier de théorie littéraire : « La composition et l’analyse des textes » .

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Suivre le Gremlin

Développant une approche sociale des faits littéraires, le Groupe de Recherche sur les Médiations Littéraires et les Institutions porte son attention sur les lieux, les objets,les processus, les figures intermédiaires. Il s’intéresse à ce qui se produit entre les mots et leschoses, entre le littéraire et le social parce qu’il postule qu’il n’y a pas là des entités autonomes. Dans un article inédit donné à l’Atelier de théorie littéraire , Denis Saint-Amand rend compte du travail réalisé au cours de ces dernières années par le Gremlin Groupe de Recherche sur les Médiations Littéraires et les Institutions autour des fictions mettant en scène des acteurs du monde littéraire. Intitulé  » Figurations du personnel littéraire: propositions théoriques, base de données et exploitation « ,cet essai expose d’abord les propositions théoriques (notions de figuration et de configuration) développées par le groupe et présente la base de données qui s’est constituée dans le cadre d’un projet spécifique sur les romans de la vie littéraire, avant de s’essayer à une exploitation de cet outil, en questionnant les mises en scène des femmes de lettres au XIX e siècle sur la base du corpus rassemblé dans la base.

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Le Moyen Âge pour laboratoire

Si Marie de France ou Adam de la Halle montaient à bord d’une machine à voyager dans le temps et se trouvaient propulsés dans les rayons d’une librairie d’aujourd’hui, quelles seraient leurs réactions? Comment envisageraient-ils la production littéraire moderne et contemporaine? C’est à ce jeu qu’a souhaité se livrer le dernier numéro de Fabula-LhT en considérant la littérature médiévale comme une invitation à expérimenter de nouveaux outils poétiques et à poser de nouveaux problèmes théoriques. Le MoyenÂge pour laboratoire , dossier coordonné par Florent Coste et Amandine Mussou, propose de chausser des lunettes médiévales pour lire à nouveaux frais des corpus ultérieurs. On pourra y découvrir des textes inédits, comme une recension par Jean Froissart de L’Écume des jours ou un traité de publicité médiéval. Qu’il s’agisse de suivre une démarche régressive pour envisager les réflexions médiévales sur le genre oud’acclimater le théâtre allégorique desXIV e et XV e siècles à l’archéologie des media, les contributions viennent volontiers malmener notre conception linéaire de l’histoire littéraire et proposer des usages vertueux de l’anachronisme. Comme de coutume, un dossier de notre revue de parutions Acta fabula fait écho à ce numéro, pour faire la part belle aux ponts que l’on peut tendre entre le Moyen Âge et le contemporain.

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La classe de composition

« La composition d’une œuvre désigne à la fois son élaboration, ses parties et leur agencement, autant dire son tout, mais vu sous un angle particulier : comme un assemblage. Or, elle règle aussi et surtout les allures : le lecteur est emporté, pris dans le défilé des lieux et des scènes ; il subit la scansion des affects, les changements de régime, les variations de vitesse et de lumière ; il éprouve dans le temps la forme du texte. Comment traiter de la composition sans rien perdre de ce mouvement ? » Telle est la question cardinale pour l’analyse des textes posée par Michel Charles dans un nouvel essai, sobrement intitulé Composition (Seuil, coll. « Poétique »). L’équipe Fabula vous invite à lire un extrait du « Post-scriptum » de l’ouvrage en exclusivité dans l’Atelier de théorie littéraire : « La composition et l’analyse des textes » .

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